il y a
la première, celle que tout le monde connait dès la naissance , comme une capacité indispensable à se juger soi même , celle de l’instinct de conservation et de la necessaire appartenance au
groupe humain.
cette
capacité innée à la culpabilité, c’est aussi une brèche largement utilisée par certains pour brider la liberté des autres : la culpabilisation de masse, celle qui paralyse, qui étouffe dans
l’oeuf toute velleité de s’exprimer autrement, celle qui bâillonne en nous l’enfant libre et créatif , qui empêche de réfléchir, celle qui fait la morale et nie les besoins de l’individu,
contrôlant le plaisir , castrant la joie , disant “ vous n’ètes pas conformes “, instituant l’autocritique forcée devant un comité de visages impassibles. C’est aussi la culpabilité enseignée par
des religieux, étroitement associés au pouvoir pour contrôler la société, alors que la masse des gens n’a pas accès aux textes fondateurs dont les dirigeants prétendent s’inspirer .
la
culpabilité des hommes qui accusent et qui lapident, celle qui dit 3 pater et 2 ave, qui tourne en rond dans un confessionnal , qui dessèche l’espoir, sans issue.
la mort
.
et puis
, il y a l’autre culpabilité .
celle
qui nait après qu’on soit entré en soi même , par une prise de conscience , un constat personnel qu’on est entrain de louper quelque chose . c’est une insatisfaction de fond quand au sens de nos
objectifs dans l’existence .
c’est
celle qui fait dire “ je voudrais comprendre, parce que ma vie est sans saveur, j’ai fait des choix qui ne m’ont pas donné ce que je cherchais , ma quète a été vaine, j’ai faim et soif
d’autre chose , ce qu’on me propose ne me convient pas , comment s’accomplir ? “
cette
culpabilité là, c’est une formidable soif de vérité et de changement .
c’est
entendre la voix de Dieu dans le coeur qui dit
“ ne
reste pas là, viens avec moi, j’ai mieux pour toi “
ce
n’est pas une culpabilité qui accable, mais un cri vers la Vie qui ouvre une autre chance, efface le passé, qui laisse naitre une espérance folle que quelque chose d’autre est possible , c’est
l’inverse de l’autre, car c’est celle qui donne un accès définitif au pardon, montre comment vivre une nouvelle alliance avec Dieu.
Dieu ne
perd pas son temps à nous accuser, il a d’autres projets avec nous.
cette
culpabilité là ne fait que pointer les cailloux qui obstruent la source.
cela
s’appelle la repentance .
la
vie
(
réflexion largement nourrie d’un enseignement de Jacques Poujol ).
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